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Nicolas Vérin

Concert d'élèves et atelier d'initiation à l'électroacoustique le mercredi 26 avril au Conservatoire Iannis Xenakis

24 Mars 2017 , Rédigé par Nicolas Vérin Publié dans #Concert, #Evry, #Enseignement

 

Le mercredi 26 avril prochain à 19h aura lieu le concert de ma classe, avec des compositions instrumentales, mixtes et électroacoustiques, à l'Auditorium du Conservatoire Iannis Xenakis, Evry, Grand Paris Sud.

Il sera précédé dans l'après-midi de deux ateliers d'initiation intitulés "Créez vos voyages sonores !", ouvert à tous à partir de 15 ans.

N'hésitez pas à relayer l'information !

Flyer détaillé ci-dessous.

Concert d'élèves et atelier d'initiation à l'électroacoustique le mercredi 26 avril au Conservatoire Iannis Xenakis
Concert d'élèves et atelier d'initiation à l'électroacoustique le mercredi 26 avril au Conservatoire Iannis Xenakis
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Disparition de Jean-Louis Jacopin, metteur en scène, acteur, lecteur et ami.

6 Mars 2017 , Rédigé par Nicolas Vérin Publié dans #Jean-Louis Jacopin, #Hommage, #una rosa... una rueda..., #Garcia Lorca, #Perpignan, #Littérature, #Improvisation

Hommage à Jean-Louis Jacopin

 

Aujourd’hui j’ai dit un dernier adieu à mon ami Jean-Louis Jacopin.

J’ai eu le grand privilège d’oeuvrer avec lui à deux reprises : pour ma composition Una rosa.. una rueda… commandée par le Festival Aujourd’hui Musiques à Perpignan, il y a un peu plus de vingt ans. Je lui avait confié le rôle de récitant, pour lire l’immense et magnifique poème Oda a Salvador Dali, de Garcia Lorca.

Écouter un extrait

Il fallait le lire en Espagnol, l'interpréter, mais aussi en suivant la partition, avec parfois des indications rythmiques précises, et suivre le chef, Daniel Tosi, qui était aussi le directeur du Festival, donc le commanditaire.

Les conditions étaient particulières à plus d’un titre. Il était prévu trois répétitions, ce qui était déjà juste pour créer une pièce de 25 minutes pour récitant, ensemble et électronique, mais cela a été réduit à deux pour des raisons dont je ne me souviens plus. Jean-Louis était stupéfait de ne disposer que de ce temps, extrêmement court pour un homme de théâtre. Mais en plus, Daniel Tosi était alors très fatigué (compositeur, chef très actif, directeur du Conservatoire de Perpignan et aussi du Festival, il était totalement surmené), et Jean-Louis m'a raconté après une répétition qu’il devenait tout blanc, puis vert, et qu’il semblait au bord de l'évanouissement. Heureusement, nous avions Jean-Louis et moi bien répété en amont, dans le studio Ligys à Paris, et il était déjà très au point, ce qui a permis que le concert se déroule de façon assez satisfaisante.

L’autre particularité était la commande, très spécifique : l’oeuvre devait se donner dans le hall de la Gare de Perpignan. Celle dont Dali avait dit qu’elle était le Centrrre du Monde. Déjà, c’était une gageure peu commune, mais qui était pendant plusieurs années une tradition du festival,la même commande ayant été passée à divers compositeurs (dont Bruno Giner, Bruno Mantovani…). Mais c’était alors les grandes grèves de 1995, et aucun train ne circulait. Plusieurs personnes ont d'ailleurs été empêchées de venir. Exit donc l’idée de jouer pour un hall de gare bruissant de voyageurs dont certains seraient happés par la musique et s’arrêteraient pour écouter, trois minutes, cinq minutes, peut-être même jusqu’à la fin. Du coup, le public était très restreint, une trentaine de festivaliers, un flot de fumeurs allant s’approvisionner au seul tabac ouvert ce jour, et aussi trois militaires avec mitraillette au poing. Le plan vigipirate était en action suite à des attentats, mais n’ayant personne à protéger, ils étaient très réceptifs au concert ! Il y a un document vidéo de cet événement étrange, dont je mettrai un extrait sur YouTube prochainement. La pièce a été rejouée deux jours plus tard à l’auditorium du Conservatoire, un contexte plus traditionnel, permettant une interprétation un peu plus aboutie.

A travers cette expérience, nous sommes devenus de très bons amis et avons trouvé de nombreux points communs.

Des années plus tard, Jean-Louis m’a demandé de faire une musique, mi-préparée, mi-improvisée avec mon dispositif électronique, pour une lecture d’un texte qui lui tenait particulièrement à coeur.Il s’agissait du Chemin des glaces, de Werner Herzog. Le célèbre cinéaste allemand, apprenant qu’une de ses amies était hospitalisée à Paris, a décidé d’aller la retrouver en marchant depuis Berlin. Ce périple en plein hiver, sans préparation ni équipement, est décrit de façon fragmentaire. Il occasionne des souffrances, mais aussi une disponibilité dans la rencontre avec la nature et quelques autres êtres hors normes. La lecture magnifique qu’en a fait Jean-Louis était une stimulation magnifique, que je contrepointais, ou accompagnais, avec des sons parfois évocateurs, parfois non, jouant sur l’ambigüité réalisme/abstraction. 

J’ai appris son décès en écoutant sur France-Culture Les Chemins de la philosophie d’Adèle Van Reeth. Celle-ci termina son émission du mercredi 1er mars en annonçant le silence d’une voix, celle de Jean-Louis Jacopin, qui avait lu de nombreux textes pour cette émission, avec un talent extraordinaire, et en nous le faisant entendre dans un extrait des Noces de Camus, terminant par cette phrase « Et vivre, c’est ne pas se résigner ». C’était bouleversant, poignant et d’une grande beauté à la fois.

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