Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Nicolas Vérin

Splendide création de Now and Then and Now II par UMS'nJip au Festival Mixtur

27 Avril 2013 , Rédigé par Nicolas Vérin Publié dans #Compositions, #Concert, #Espagne, #UMS'n JIP

Splendide création de Now and Then and Now II par UMS'nJip au Festival Mixtur

Now and Then and Now II a été magnifiquement interprétée hier par UMS'n Jip, dans un très beau concert.

C'était un grand moment, à l'intérieur d'un Festival Mixtur bien construit, avec des concerts de grande qualité, pas trop longs, en alternance entre deux espaces.

Un grand merci à UMS'n Jip ansi qu'à tout le collectif Mixtur.

Now and Then and Now II (2012- 10'30) adaptation de Now and Then and Now pour flûte à bec Küng contrebasse et électronique

commande du Centre Henri Pousseur de Liège

Les flûtes à bec contrebasses, tant Paetzold que Küng, sont des instruments fascinants qui puisent leurs sources dans le passé ancien de la flûte à bec tout en étant résolument modernes. Mon choix de la confrontation avec l’électronique évoque aussi irrésistiblement un mélange d’époques. Dans la pièce, l’ordinateur enregistre certains passages à la volée, qui sont ensuite explorés au ralenti par un filtrage faisant ressortir leurs composantes les unes après les autres, tel un souvenir voilé. Deux tableaux que j’ai mis en regard m’ont également inspiré : le Combat de Carnaval et Carême de Bruegel et le Carnaval d’Arlequin de Miro. Cela m’a conduit à mettre en oeuvre l’opposition entre un élément irrationnel et une norme sévère. J’ai ensuite rajouté deux éléments complémentaires, pour arriver à quatre trames qui seront combinées.

I : irrationnel - un son de larsen (sifflement aigu, enregistré en studio) en constitue le modèle ;

II : norme - ostinato de notes répétées par groupes de 5 avec des attaques en augmentation systématique ;

III : passage de l’horizontal au vertical, au moyen de sons multiphoniques attaqués sur une seule note et qui se déploient en un son complexe, entre accord et timbre ;

IV : séquence de onze impulsions bruitées, attaques très brèves, percussions de clés, onomatopées vocales, sons électroacoustiques divers.

Chacune de ces trames expose à divers intervalles une variation ou le modèle. Seule la deuxième, fidèle à son principe de norme présente le modèle en premier tel un thème et variation classique. Les autres commencent par une variation, pour s’approcher du modèle, puis éventuellement s’en éloigner. Par exemple, le début de l’oeuvre est constitué de la première présentation de la trame I, le larsen transposé, varié, et transcrit à la flûte à bec ténor, avec des traitements électroniques. Il reviendra 2 min. plus tard, varié, et 1 min. après dans une autre variation, et encore 40 sec. plus tard à la soprano. Les variations suivantes seront présentées uniquement à l’électronique, arrivant dans la 6e à l’original, pour s’en écarter ensuite par d’autres variations.

Après la première présentation de la première trame vient la première présentation de la deuxième trame, puis la première présentation de la troisième. Chaque variation intervient à un intervalle de temps allant en s’éloignant (pour la III) ou en se resserrant (pour les I et IV), sauf la II qui revient de façon régulière, toutes les 1’15’’. De même les durées de chaque variation vont en s’allongeant ((IV) ou se raccourcissant (I et III), sauf la II qui fait 18’’ à chaque fois.

De légers silences peuvent intervenir, et au bout d’un certain temps des superpositions commencent à avoir lieu. Quelques bourdons sont ajoutés librement, pour habiter les silences, pour donner du liant et un soutien harmonique.

Cela donne une forme en mosaïque telle qu’a pu l’employer Roger Reynolds, à partir de son oeuvre Archipelago, et qui fut mon professeur de composition à San Diego, et à qui je rend ici hommage (cf. Nicolas Vérin "analyse de Archipelago" Inharmoniques n°8, Paris, 1991).

Remerciements à Julien Feltrin, dont le talent a inspiré cette pièce et qui a généreusement donné de son temps et de ses bons conseils, ainsi qu’à l'équipe du Centre Henri Pousseur de Liège, Marie-Isabelle Collart, Jean-Marc Sullon et Patrick Delges.

Partager cet article

Commenter cet article

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...